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Le
président de la République procédera, la semaine prochaine,
à l’inauguration de l’année universitaire. À cette occasion,
il prononcera un discours dans lequel il évoquera très
probablement la nécessaire mise à niveau de l’université
algérienne afin de faire face aux défis imposés par la
globalisation.
Si l’Algérie fait aujourd’hui face au phénomène de la fuite
de ses cadres qu’elle a formés durant des années, c’est
parce qu’il n’existe pas encore de conditions permettant à
la matière grise de s’épanouir afin de contribuer au
développement de son pays. Le président Bouteflika n’avait
pas manqué de relever, à l’occasion de son discours devant
les walis le 25 juin dernier, le manque d’imagination de
l’administration algérienne incapable d’intégrer
l’intelligentsia dans le processus de relance économique.
“Nous n'avons plus l'excuse du sous-encadrement de notre
administration, de nos services publics et de nos projets
dans un pays qui compte près d'un million d'étudiants dans
ses universités, près de 9 millions d'élèves dans
l'enseignement primaire, moyen et secondaire, et 600 000
dans la formation professionnelle. Ce constat nous
interpelle sur la nécessité de trouver des solutions en vue
d'intégrer ces capacités dans les appareils de production et
de gestion du pays”, avait-il déclaré.
En même temps, les conditions précaires dans lesquelles
vivent et exercent les enseignants du supérieur ces
dernières années ne sont pas faites pour arranger les
choses. Pour faire entendre sa voix, la corporation
universitaire est montée au créneau pour revendiquer
l’amélioration de l’environnement socioprofessionnel en
exigeant une hausse substantielle des salaires et l’accès au
logement. Des grèves se sont succédé perturbant de fait le
cycle universitaire des étudiants. Si les campus ont souvent
frôlé l’année blanche, il n’en reste pas moins que les
étudiants ont été pris en otages dans un conflit qui
pourtant ne les concernait pas, mais qui a fini par la force
des choses par les déstabiliser.
Les pouvoirs publics, qui avaient longtemps temporisé, en
raison de la situation financière que vivait le pays dans
les années 1990, avant de répondre favorablement aux
multiples doléances des enseignants, ont décidé de prendre
en charge les revendications socioprofessionnelles des
professeurs. C’est en juillet dernier que le ministère de
tutelle avait annoncé que la revalorisation des salaires
était désormais acquise et qu’elle était effective avant la
fin du même mois, alors qu'une autre augmentation
interviendra dans le cadre de la révision du statut de la
Fonction publique. S'agissant du logement, le gouvernement a
promulgué un décret exécutif pour la prise en charge de ce
problème, appelant par la même occasion à la mise en place
d'une commission mixte composée de représentants du
ministère et des différents partenaires sociaux pour
l'application de cette mesure. Le gouvernement avait
également décidé dans un geste d’apaisement de lever les
poursuites judiciaires engagées contre les enseignants
grévistes qui n’avaient pas respecté les décisions de
justice relatives à l’illégalité des mouvements de
protestation dans les campus. Cette décision, qui a été
favorablement accueillie par le syndicat des enseignants, a
quand même permis d’apaiser la tension dans les campus même
si beaucoup reste à faire afin de réhabiliter totalement
l’université algérienne. C’est dire que c’est dans un
contexte d’apaisement qu’interviendra le discours du chef de
l’État.
Salim Tamani,
Liberté, 03 octobre 2006
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