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Les élèves de plusieurs lycées d’Alger ont rebroussé chemin
hier. Les enseignants ont, comme prévu, tenu leur journée de
grève à travers l’ensemble des lycées de la capitale, même
si certains établissements n’ont nullement été perturbés.
Du côté du ministère, aucune précision n’a été donnée. Dans
la même journée, plusieurs enseignants ont également observé
un rassemblement devant le tribunal de Bab El-Oued, une
façon pour eux de soutenir leur collègue et secrétaire
général du Conseil des lycées d’Alger (CLA), Osman Redouane,
qui devait comparaître devant le juge.
La justice lui reproche d’avoir appelé à la grève en 2005,
alors qu’il était – et l’est toujours – responsable d’une
organisation non agréée conformément aux dispositions
légales et réglementaires. Le procès prévu pour hier a été
finalement reporté au 16 octobre prochain.
La raison invoquée est l’absence du plaignant, selon M.
Osmane. Une décision qualifiée par le même syndicaliste de
«mesure pouvant être dilatoire». Le conseil exécutif du CLA,
qui compte s’élargir à travers tous les lycées du pays au
mois de décembre, se réunira prochainement pour décider
d’éventuelles actions pour le prochain procès, affirme le
même responsable.
Les lycées Ibn Nass, Ibn El-Haythem, Rouchaï-Boualem,
Frantz-Fanon et Emir-Abdelkader sont, entre autres, les
établissements où les cours ont été sérieusement perturbés.
Les élèves ne semblent pas surpris, cette fois-ci. Ils ont
été avisés la veille de ce mouvement de protestation qui,
pour eux, n’est qu’une grève «non encore» explicable.
Les élèves interrogés qui préparent leur examen du
baccalauréat espèrent que le mouvement ne s’étalera pas sur
plusieurs jours. «Nous ne voulons pas refaire la mauvaise
expérience de 2003», s’inquiètent certains élèves. Les
représentants du CLA ainsi que d’autres enseignants ont
préféré être présents au tribunal.
Pour ce rassemblement, aucun dépassement n’a été, fort
heureusement, enregistré. «Ces procès pour incitation à la
grève sont un signal clair de non-respect des engagements de
l’Algérie concernant les libertés syndicales», ont tenu à
préciser les enseignants.
Toute peine qui viendrait à être prononcée serait, souligne
le CLA dans sa déclaration faite avant le report de ce
procès, une remise en cause du droit de grève.
Nassima Oulebsir, le Jeune Indépendant, 03 octobre 2006
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