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Les
syndicats autonomes reviennent à la charge. Face aux
pressions qui s’exercent régulièrement sur eux, ils
interpellent encore une fois les pouvoirs publics pour que
toute forme de harcèlement soit abandonnée. Les ministres de
l’Intérieur, du Travail et de la Justice sont ainsi appelés
à “lever les mesures de contrôle judiciaires, de mettre fin
à toutes les poursuites qui frappent les militants, à cesser
les voies de fait des services de police, la fin du déni de
service public ainsi que la cessation de toute immixtion des
pouvoirs publics dans la vie organique des syndicats”.
Dans une déclaration signée par le CLA, le Cnapest, la
Coordination nationale des sections CNES en grève, le Satef,
le Snapap, le Snapsy, le SNPEDM et la Ligue algérienne pour
la défense des droits de l’homme, l’intersyndicale rappelle
que “l’émergence des syndicats autonomes est l’expression
naturelle d’un besoin qui traverse les forces sociales de se
donner des représentations qui puissent porter leurs luttes
et leurs revendications légitimes”. Les syndicalistes
déplorent néanmoins que “ce mouvement soit pris pour cible
par les appareils politico- bureaucratiques sclérosés”.
L’intersyndicale énumère un incalculable nombre d’atteintes
aux libertés syndicales. “Les initiateurs d’actions
revendicatives sont systématiquement pris à partie et font
l’objet de sanctions administratives, de suspensions de
salaire et de pressions de tout genre. Ils se heurtent au
déni de service public pour la constitution d’associations
légales.” Les pratiques des services de sécurité ne sont pas
en reste. “Les services de police s’autorisent à exercer des
voies de fait envers les responsables de syndicats, se
faisant ainsi le bras armé de toutes les puissances
d’intimidation et de répression sans égard aux exigences de
la loi en matière de protection des libertés individuelles
et collectives. Les intéressés sont interpellés ou convoqués
dans les commissariats sans présentation de mandat de
justice.” Au niveau de l’appareil judiciaire, le constat
n’est pas meilleur. “Des magistrats sont instrumentalisés
pour briser les mouvements de grève engagés en dernière
limite pour faire entendre des revendications légitimes. Les
procédures en référé sont détournées pour ordonner la
suspension d’actions syndicales qui pourtant se conforment à
tous les critères de légalité exigés par la loi.”
N. I.,
Le Soir d'Algérie, 07 octobre 2006
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