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«Le
pluralisme syndical est quelque chose d’important dans la
vie démocratique. Il est lié à l’avancée démocratique d’un
pays.» Cette déclaration faite par M. Jayer, syndicaliste
formateur au sein de la Confédération générale des
travailleurs (CGT) résume à elle seule l’importance de la
conférence-débat animée dans la soirée de samedi
dernier au siège de la fondation Friedrich Ebert à Alger.
Organisé
sous le thème générique de «développement, solidarité et
paix sociale, quelles perspectives», les débats ont
tourné autour du «syndicalismes à l’heure de la
mondialisation » dans le cadre d’un programme d’activité des
soirées ramadhanesques qu’organise la fondation Ebert.
Ainsi, le thème du jour a été largement débattu par les
participants à cette rencontre, d’autant que le conférencier
a évité de s’étaler sur la question syndicale en Algérie, se
contentant de dire que «chaque pays a sa propre
spécificité».
C’est dans
ce cadre qu’il dira que dans un pays comme la France, «le
président de la République, Jacques Chirac, n’a pas le droit
de décider d’une revalorisation des salaires ou des pensions
de retraites. Il y a un cadre de négociations à travers
lequel les partenaires sont appelés à faire valoir leurs
arguments pour arracher leurs droits». Selon le
conférencier, «le président de la République est là pour
garantir le respect et l’application des lois de la
République et de la Constitution».
Toutefois,
pour ce syndicaliste-formateur de la CGT, «chaque pays
dispose de sa spécificité et des particularités qui le
distinguent des autres pays». C’est dans ce cadre qu’il a
exprimé son point de vue sur l’idée du pacte économique et
social. A ce propos, M. Jayer dira «qu’en France, les
organisations syndicales ne sont pas prêtes à entrer dans ce
jeu», et «à travers le pacte, le gouvernement veut cacher
des choses aux syndicalistes ». Mais il n’en demeure que la
problématique de la mondialisation et le rôle que doivent
jouer les organisations syndicales ont occupé l’essentiel de
cette conférence. Pour le conférencier, «nous sommes
aujourd’hui dans une phase de régression générale, alors que
les richesses sont de plus en plus nombreuses ».

C’est
ainsi qu’il a mis en exergue les enjeux actuels de la
mondialisation et les tentatives des organisations
syndicales à se rassembler pour faire face à cette
situation. Il dira également que dans un monde de plus en
plus globalisé, les grands conflits sociaux nationaux
prennent inévitablement une dimension européenne et
internationale. Selon le syndicaliste, la mondialisation
néolibérale nous conduit au désastre ; elle détruit les
économies, paupérise des centaines de millions de personnes,
particulièrement dans les pays du Sud, aggrave toutes les
inégalités sociales, attaque les valeurs éthiques et les
droits humains, saccage l’environnement, menace la
démocratie et tend partout à la «brutalisation des rapports
internationaux ».
Pour M.
Jayer, l’époque du syndicalisme local est révolue, «nous
devons trouver le moyen de réglementer sur une échelle plus
large, qui doit en fait être l’échelle mondiale». La
rencontre internationale prévue en novembre prochain à
Genève et portant sur un regroupement international des
principales confédérations du monde du travail a été
également évoquée par le conférencier, qui a plaidé pour
«l’indépendance syndicale et pour qui seul le cahier des
charges des revendications est à même de constituer le
véritable salut pour les syndicalistes».
Abder Bettache,
Le Soir d'Algérie, 09 octobre 2006
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