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Le Président veut de la “qualité” et du “niveau”

Bouteflika appelle préserver l’université de l’extremisme et des conflits

 

À l'occasion de l'ouverture de l'année universitaire 2006-2007, le président de la République a appelé à protéger l'université en sa qualité de temple du savoir et du renouveau social.

Pour Abdelaziz Bouteflika, l'université doit rester éloignée “de la fitna, de l'extrémisme et des conflits”. Elle doit impérativement redevenir un pôle d'excellence et de savoir au service des attentes de la société.
C'est ce qui ressort du discours du président de la République à l'occasion de l'ouverture de l'année universitaire 2006-2007 à l'université Hadj-Lakhdar de Batna. “L'enseignement secondaire ou universitaire suppose la liberté de penser et d'expression, répandre les bonnes manières, et le rayonnement de l'esprit de tolérance et de dialogue. Il faut qu'il devienne la préoccupation principal au sein de la communauté universitaire qui doit le préserver sachant qu'il est un espace pour les avis, les idées et les dialogues que vit la société…”, relèvera le chef de l'État.
Le chef de l'État a appelé une nouvelle fois le monde universitaire à alimenter les responsables, à quelques niveaux ou secteurs soient-ils, en “idées, critiques, études ou suggestions”. Celles-ci leur permettront, dira-t-il, “d'éclairer leur choix” et les aideront “à prendre les décisions adéquates”. S'il ne fera aucune allusion aux tensions qui ont caractérisé les secteurs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, Abdelaziz Bouteflika soulignera toutefois que “l'amélioration des conditions socioprofessionnelles sont une préoccupation majeure des pouvoirs publics”.
Le président de la République a profité de l'occasion pour faire le bilan sectoriel des acquis et insuffisances qui caractérisent l'éducation nationale et l'enseignement supérieur dans un discours extrêmement chiffré.
Même si le chef de l'État ne se déclare pas pour autant totalement satisfait, le bilan est à ses yeux positifs. Des pas importants ont été franchis, notamment en termes de taux de scolarisation, de réussite au baccalauréat, d’inscriptions universitaires ou encore d'infrastructures réalisées. “Nous avons gagné la bataille de la quantité”, estimera le Président. Pour lui, des “dysfonctionnements et des insuffisances” existent encore. “Il faut les régler”, précisera-t-il ajoutant que la réforme n'est pas aisée, ni rapide. “Nous n'avons pas encore gagné la bataille qualitative”. D'autant qu'à l'horizon 2010, le nombre d'étudiants atteindra le chiffre symbolique d'un million et demi. “Nous réaliserons avec l'aide de Dieu ce que n'ont pas réalisé nos prédécesseurs”, rassure-t-il néanmoins.
Abdelaziz Bouteflika mettra en avant une préoccupation nationale : “Nous sommes aujourd'hui face à une problématique, celle de l'offre et de la demande. Les attentes de la société en ce qui concerne le développement social et économique doivent être prises en charge.” Il ne s'agit pas, pour lui, de former juste pour former mais de former selon la demande nationale.
La formation qu’elle soit universitaire ou professionnelle doit répondre à cet impératif. “Nous avons autant besoin d'universitaires et de chercheurs que de menuisiers, de maçons…” Le chef de l'État appellera dans ce contexte à valoriser la formation professionnelle, seule à même de régler le déficit en main-d'œuvre qualifiée que vit actuellement le pays. “Nous avons 15% de chômeurs, sur ce taux, 50% refusent le travail manuel qui leur est proposé…” Le corps enseignant dans son ensemble doit, selon lui, jouer un rôle dans l'orientation de la jeunesse quant à son choix du métier ou de la spécialité.
Au chapitre de l'Éducation nationale, le Président estimera que le secteur privé à un rôle à jouer, il doit néanmoins “se conformer aux lois de la République”. Le préscolaire destiné aux enfants de moins de 6 ans est, quant à lui, appelé à devenir “la base du système éducatif avant de devenir une étape de scolarisation obligatoire et ouverte au plus grand nombre d'enfants”.
Les secteurs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur ont focalisé, hier, l'attention du premier responsable du pays. Pas une seule fois le chef de l'État n'est sorti du cadre de la rencontre. Il aura pris à contre-pied tous ceux qui attendaient une sortie de Abdelaziz Bouteflika sur les sujets brûlants que sont le projet de révision constitutionnelle et le bilan de mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

Samar Smati, Liberté, 10 Octobre 2006


 

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