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Au moment
où les médecins de Constantine demandent une enquête
contradictoire, la série de mesures conservatoires prises
par le ministère de la santé, de la Population et de la
réforme hospitalière continue de tomber avec la suspension
du premier responsable de la santé de la wilaya d’Oum El
Bouaghi.
Près d’une centaine de maîtres assistants ont observé, hier,
un sit-in au niveau de la salle de conférences du
département de médecine du CHU Ibn-Badis de Constantine, en
signe de protestation contre la mesure du ministère de la
santé, de la population et de la réforme hospitalière quant
à la suspension, il y a vingt jours, de deux maîtres
assistants au CHU. Cette notification intervient, faut-il le
rappeler, au lendemain des conclusions de l’enquête
administrative déclenchée le 21 août dernier après la mort
suspecte, selon les parents, de quatre personnes dont deux
enfants au niveau du CHU.
Par cette action, les médecins praticiens affiliés au
syndicat national des maîtres assistants ont manifesté un
soutien indéfectible à leurs collègues victimes, selon eux,
d’une décision “arbitraire et injustifiée”. Tout en mettant
en doute l’impartialité des membres de la commission qui
ont, selon eux, délibérément ignoré l’ensemble des
conditions dans lesquelles s’est déroulé le drame dont le
transfert des victimes depuis l’hôpital d’Oum El Bouaghi
vers le CHU de Constantine.
Les médecins contestataires exigent, par ailleurs, une
enquête contradictoire. Ils ont, ainsi, lancé un ultimatum
au ministère de tutelle, pour la levée des sanctions, sans
quoi ils menacent de radicaliser leur mouvement.
Rappelons que l’affaire remonte à la nuit du 25 juillet
dernier. Un accident de la circulation à Oum El Bouaghi a
fait 4 victimes, dont un handicapé, B. B., âgé de 52 ans, et
ses 2 enfants. Brûlés au premier et troisième degrés, les
victimes ont été évacuées vers le CHU de Constantine sur
avis du médecin de garde de l’hôpital d’Oum El Bouaghi.
Selon les médecins de garde, bien que les urgences avaient
reçu plus de 26 blessés venant des différentes wilayas de
l’est du pays, cette nuit-là, ils ont prodigué les soins
nécessaires aux 4 brûlés en dépit des conditions de travail.
Hélas, 3 des 4 victimes décéderont la nuit même. La dernière
victime, à savoir le conducteur de la moto, décédera 15
jours plus tard.
Selon une source médicale bien informée, le CHU de
Constantine enregistre chaque trimestre près de 1 700
patients venant des wilayas limitrophes. Un volume de
travail auquel correspond une organisation archaïque.
Récemment, à la clinique spécialisée de Sidi Mabrouk, une
jeune femme a perdu la vie faute de présence d’un médecin
réanimateur sur les lieux.
Selon des sources proches des parents de la victime, tous
les réanimateurs de la région de Constantine contactés, ont
préféré rester chez eux que d’assister le personnel de la
clinique et sauver une vie humaine.
Une autre mort sur la conscience des blouses blanches qui,
si elles sont victimes de mauvaises conditions de travail,
elles sont aussi coupables de non-assistance à personne en
danger dans plusieurs cas. Par ailleurs, selon une source
proche du ministère de la santé, on apprendra que tout sera
fait pour que la vérité sur le drame soit connue, loin d’un
quelconque chantage afin d’éviter que les hôpitaux ne se
transforment en mouroirs. Le recours à d’autres expertises
n’est pas exclu.
Quant à la culpabilisation discriminatoire des seuls
praticiens de Constantine, nos mêmes sources rejettent en
bloc ce qu’elles qualifient d’allégations. Enfin, nous avons
appris que le directeur de la santé de la wilaya d’Oum El
Bouaghi vient d’être relevé de ses fonctions, toujours suite
aux dernières recommandations de la commission
ministérielle.
Lydia Nacer,
Liberté, 11 octobre 2006
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