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Les 19 établissements ayant répondu favorablement au mot
d’ordre de grève essayent tant bien que mal de rattraper le
retard accumulé depuis cinq mois. Cette semaine, dans
plusieurs établissements à l’instar de l’Université des
sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB), les
étudiants passent soit des examens de synthèse soit ceux de
rattrapage. «Cela dépend des effectifs des enseignants», a
précisé une adhérente au Conseil national des enseignants du
supérieur (CNES). Cette dernière a fait état de certains
dérapages dans des établissements universitaires.
Selon ses dires, des étudiants ont dû passer leurs examens
de synthèse sans délibération. «Ce qui est contraire aux
normes pédagogiques !» s’est-elle exclamé. Cette situation
serait due au fait que certains enseignants n’ont pas fait
grève et ont délibéré. Ce qui a permis aux administrations
d’afficher certaines notes et d’organiser un planning
d’examens de synthèse. En d’autres termes, tout se fait dans
la précipitation. Pour assurer un minimum de suivi et de
cohésion, la coordination a demandé à ses adhérents "de
rester particulièrement vigilants quant au respect des
normes pédagogiques". Cette année universitaire a été
particulièrement mouvementée. Les enseignants grévistes
affiliés au CNES avaient repris le chemin de l’université le
24 septembre dernier. Date à laquelle, ils ont renoué avec
leurs tâches pédagogiques, particulièrement les examens des
épreuves de moyenne durée du deuxième semestre après une
coupure de cinq mois.
Néanmoins, constatant que plusieurs confrères n’ont pas
perçu leur salaire depuis plus de deux mois, la coordination
nationale, réunie les 5 et 6 octobre 2006 à Alger, avait
appelé les enseignants à “ne pas remettre les notes à
l’administration et à bloquer les délibérations jusqu’au
paiement des salaires dans l’ensemble des établissements
concernés». Cette démarche a été décisive. Cela a permis de
régler ce problème. La coordination nationale des sections
grévistes du CNES a, en effet, obtenu gain de cause. De
plus, le 10 octobre dernier, le juge d’instruction près de
la première chambre du tribunal d’El-Harrach a rendu une
ordonnance de non-lieu dans la plainte du ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
contre le coordonnateur national adjoint chargé du Centre,
Farid Cherbal. Ce non-lieu signifie un abandon pur et simple
des charges qui pesaient contre ce syndicaliste et clôt les
poursuites judiciaires entamées dans le cadre de la grève
contre l’intéressé.
Après Mustapha Mechab, qui a été acquitté par un jugement du
tribunal de Sidi-Bel- Abbès le 18 septembre dernier et
l’arrêt du Conseil d’Etat le 4 octobre dernier en faveur du
CNES-USTHB contre le recteur de l’USTHB, c’est la troisième
fois que la justice émet des conclusions définitives en
faveur du mouvement de grève et de ses représentants. Pour
l’heure, le taux de réussite n’est pas encore connu, mais,
objectivement, il est aisé de prévoir que des répercussions
négatives se feront sentir. Les universitaires, après une
coupure de cinq mois, ont dû reprendre vaille que vaille
leurs examens sans aucun cours de rattrapage pour la
majorité d’entre eux. Des leçons seront-elles tirées de
cette expérience ? Seul l’avenir des prochaines promotions
estudiantines nous le dira.
Meriem
Ouyahia, Le soir d'Algérie, 29 octobre 2006
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