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Forum mondial sur la gouvernance de l’internet

Le contrôle américain au cœur des débats

 

Après l’annonce de la création du Forum mondial sur le gouvernance de l’internet (FGI) lors du Sommet mondial sur la société de l’information à Tunis en novembre 2005, il tient sa première réunion officielle à Athènes du 30 octobre au 2 novembre 2006.

Cette nouvelle structure mondiale de réflexion, placée sous l’égide de l’ONU, va réfléchir sur l’évolution de la gouvernance internet mais aussi de thèmes tels que la cybercriminalité, les moyens de lutter contre le spam (courrier électronique sans sollicitation des destinataires à des fins publicitaires ou malhonnêtes) ainsi que la liberté d’expression en ligne. Outre les représentants diplomatiques des Etats membres de l’ONU, participeront également des représentants de portails Internet comme Yahoo ou Google, mais aussi des organisations de défense des libertés comme Amnesty International.

Plusieurs participants au Forum ont dénoncé hier « la domination de l’anglais et de l’alphabet latin sur la Toile », réclamant que l’internet « s’ouvre au multilinguisme pour préserver la diversité culturelle », rapporte l’AFP. Si, dans son contenu, l’internet est ouvert à tous les idiomes, avec des sites en chinois, en russe ou en hébreu, les « noms de domaines » (les adresses) s’écrivent toujours en lettres latines et les logiciels qui permettent le fonctionnement du réseau sont en anglais.

Cette « uniformisation présente des dangers pour la survie des langues à long terme », a jugé Adama Samassékou, président de l’Académie africaine des langues, qui s’exprimait au cours d’un débat consacré à cette question. Pour nombre de promoteurs du net toutefois, le fait d’avoir une architecture unique dans un langage identique permet d’éviter une « fragmentation de l’internet », qui demeure, depuis sa création par des ingénieurs américains, géré par un organisme dont le siège se trouve aux Etats-Unis, l’Icann. L’architecture de l’internet « relève plus aujourd’hui d’un domaine d’intérêt public que d’un lieu de souveraineté et de défense des cultures locales », juge également Elizabeth Longworth de l’Unesco. Plus de 1200 représentants de gouvernements, du secteur privé et de la société civile, y compris des milieux universitaire et technologique, sont présents à l’invitation de la Grèce qui s’est proposée d’accueillir l’événement.

L’épineuse question du contrôle des Etats-Unis sur l’internet devrait revenir de manière lancinante pendant le Forum mondial. A la fin du mois de septembre, les Etats-Unis ont un peu assoupli leur contrôle sur l’Icann : le département du commerce n’a désormais plus le pouvoir de contrôler l’agenda de l’organisme, lequel n’est plus contraint de faire un rapport tous les six mois à l’administration américaine. Mais le droit de veto demeure. La mainmise sur l’Icann offre, en effet, de facto, un pouvoir de validation - donc d’invalidation - des extensions et en particulier des extensions nationales.

Kamel Benelkadi, El Watan, 02 novembre 2006


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