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Rédaction
CNES-USTO.IFRANCE.COM (07 novembre 2006)-
Reporters
Sans Frontières (RSF), qui lance aujourd'hui ses "24h contre
la censure sur Internet" a dressé une liste de 13 pays qui «
bloquent l'accès aux informations qui leur déplaisent et
emprisonnent les bloggers qui s'expriment trop librement ».
Comme on peut le constater l'Algérie n'y figure pas.
Contrairement à notre voisin maghrébin d'orient dont la
politique en matière de réseau est, selon le rapport émis
par RSF est « l’une des plus liberticides de la planète.»
Dans ce pays «Les services de sécurité harcèlent en outre
continuellement les blogueurs indépendants et les
responsables de sites d’opposition, afin de s’assurer que
l’autocensure règne sur le la Toile tunisienne», ajoute le
rapport de RSF.
Il faudra
cependant noter que l'autre voisin, la Libye, a été retiré
de la liste. Et ce, suite à une mission effectuée dans le
pays de Omar El Mokhtar, lors de laquelle cette ONG a pu
constater que
«que l’Internet libyen n’était
plus censuré».
Notons enfin,
que sur la liste des 13 pays ennemis d'internet figurent 4 pays
arabes, soit 25%...
RSF s'attaque à la
censure sur Internet
L'Internet
est de plus en plus censuré dans le monde, selon Reporters
Sans Frontières (RSF). Les 13 « Ennemis d'Internet bloquent
l'accès aux informations qui leur déplaisent et emprisonnent
les bloggers qui s'expriment trop librement. » «
Mobilisez-vous pour défendre le droit de tous à la liberté
d'expression, » annonce Reporters Sans Frontières (RSF).
Reporters
sans frontières lance aujourd'hui ses « 24h contre la
censure sur Internet ». L'organisation publie à cette
occasion sa liste des ennemis d'Internet. 13 pays y sont
épinglés pour leurs atteintes systématiques à la liberté
d'expression sur le Net. Pour dénoncer ces pays qui
contrôlent ce qui devrait être un espace de liberté,
Reporters sans frontière lance ses "24h contre la censure
sur Internet".
Trois pays
ont été retirés, cette année, de la liste « des ennemis
d'Internet » : le Népal, les Maldives et la Libye. En
revanche, l'Egypte, où de nombreux blogueurs ont été
harcelés et emprisonnés cette année, fait son entrée au
palmarès des pays enfreignant systématiquement la liberté
d'expression sur Internet.
Etienne Jean
de la Perle,
Référencement Internet, 07 novembre 2006
Lancement des "24h
contre la censure sur Internet", la liste des 13 ennemis
d’Internet
Pour
dénoncer ces pays qui contrôlent ce qui devrait être un
espace de liberté, Reporters sans frontière lance ses "24h
contre la censure sur Internet".
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LA LISTE DES
13 ENNEMIS D’INTERNET
Trois pays
ont été retirés, cette année, de la liste des ennemis
d’Internet : le Népal, les Maldives et la Libye. En
revanche, l’Egypte, où de nombreux blogueurs ont été
harcelés et emprisonnés cette année, fait son entrée au
palmarès des pays enfreignant systématiquement la liberté
d’expression sur Internet.
Les pays (par
ordre alphabétique)
- ARABIE
SAOUDITE
L’Arabie
saoudite ne se cache pas de censurer le Réseau.
Contrairement à la Chine, où les blocages de sites sont
déguisés en problèmes techniques, les filtres saoudiens
indiquent clairement aux internautes que certaines pages Web
sont interdites par les autorités. La censure se concentre
sur les contenus pornographiques, mais elle touche également
les sites de l’opposition politique, les publications
israéliennes ou celles traitant de l’homosexualité. Les
blogs posent également problème aux censeurs saoudiens. En
2005, ces derniers ont tenté de bloquer complètement l’accès
au principal outil de blog du pays, blogger.com. Ils sont
revenus quelques jours plus tard sur cette décision et
bloquent aujourd’hui uniquement les blogs qui les dérangent.
Par exemple, en juin 2006, ils ont ajouté à leur liste noire
le journal intime de "Saudi Eve", une jeune femme qui osait
parler de sa vie amoureuse et critiquer la politique de
censure du gouvernement.
- BELARUS
Le
gouvernement, qui possède un monopole sur les télécoms du
pays, n’hésite pas à bloquer l’accès aux sites d’opposition
lorsqu’il le juge nécessaire, notamment en période
électorale. Les publications indépendantes sont par ailleurs
régulièrement victimes d’attaques informatiques. Ainsi, en
mars 2006, plusieurs sites critiques de l’actuel chef de
l’Etat, Alexandre Loukashenko, ont mystérieusement disparu
de la Toile pendant plusieurs jours.
- BIRMANIE
La
politique de l’Etat birman en matière d’Internet est encore
plus répressive que celle de ses voisins chinois et
vietnamiens. La junte au pouvoir filtre bien sûr les sites
d’opposition. Elle surveille surtout très étroitement les
cybercafés, dont les ordinateurs prennent automatiquement
des captures d’écran, toutes les cinq minutes, afin de
surveiller l’activité des internautes.
En juin
2006, les autorités s’en sont prises aux services de
téléphonie et de chat sur Internet, bloquant par exemple
l’accès à Gtalk de Google. L’objectif est double : d’une
part préserver le juteux marché des télécommunications
longues distances jusque-là contrôlé par des entreprises
d’Etat ; d’autre part écarter les cyberdissidents de ce
moyen de communication difficile à mettre sur écoute.
- CHINE
La Chine
reste sans conteste le pays le plus avancé en matière de
filtrage d’Internet. Les autorités suivent avec attention
les évolutions technologiques pour s’assurer qu’aucune
n’ouvre une nouvelle fenêtre de libre expression. Ainsi,
après les sites Internet et les forums de discussion, les
autorités se concentrent aujourd’hui sur les blogs et les
sites permettant l’échange de vidéos. Le pays compterait
aujourd’hui près de 17 millions de blogueurs. Un chiffre
énorme, certes, mais très peu d’entre eux osent aborder des
sujets sensibles, encore moins critiquer la politique du
gouvernement. Tout d’abord parce que les outils de blogs du
pays incluent tous des filtres qui bloquent les mots clefs
"subversifs". Ensuite parce que les entreprises qui
exploitent ces services, qu’elles soient locales ou
étrangères, sont misessous pression par les autorités, qui
leur imposent de contrôler les contenus qu’elles hébergent.
Des armées de modérateurs travaillent donc, au sein de ces
sociétés, pour assainir les contenus produits par les
blogueurs. Enfin, dans un pays où 52 personnes sont en
prison pour s’être exprimées trop librement sur Internet,
l’autocensure fonctionne à plein régime. Il y a encore cinq
ans, beaucoup pensaient qu’Internet, média libre
prétendument incontrôlable, allait révolutionner la société
chinoise et son système politique. Aujourd’hui, alors que ce
pays dispose d’une influence géopolitique croissante, la
question semble s’être inversée : c’est peut-être le modèle
chinois d’Internet, basé sur la censure et la surveillance,
qui pourrait un jour s’imposer au reste du monde.
- COREE DU
NORD
La Corée
du nord reste, comme en 2005, le pire trou noir d’Internet
dans le monde. Seuls quelques fonctionnaires accèdent au
Réseau à travers des connexions louées à la Chine. Le nom de
domaine du pays, le .nk, n’a toujours pas été lancé et les
quelques sites mis en place par le gouvernement nord-coréen
sont hébergés au Japon ou en Corée du Sud. Dans un pays
aujourd’hui capable de fabriquer des ogives nucléaires,
difficile de croire que ce retard en matière d’Internet soit
le simple résultat de difficultés économiques. Les
journalistes nord-coréens exilés en Corée du Sud sont en
revanche très actifs sur la Toile, via notamment le site
d’informations
www.dailynk.com.
- CUBA
Avec moins
de deux internautes pour 100 habitants, Cuba figure parmi
les pays les plus en retard en matière d’Internet. Une
enquête menée par Reporters sans frontières en octobre
dernier a révélé que le gouvernement cubain utilise
plusieurs leviers pour s’assurer que ce média n’est pas
utilisé de manière "contre-révolutionnaire". Tout d’abord,
il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau.
Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent
donc obligatoirement passer par des points d’accès publics
(cybercafés, universités, "clubs informatiques pour la
jeunesse", etc), où il est plus facile de surveiller leur
activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous
les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des
logiciels qui déclenchent un message d’alerte lorsque des
mots clés "subversifs" sont repérés. Le régime s’assure par
ailleurs que les opposants politiques et les journalistes
indépendants n’accèdent pas à Internet. Pour ces derniers,
communiquer avec l’étranger est un véritable chemin de
croix. Enfin, le gouvernement mise sur l’autocensure. A
Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour
quelques articles "contre-révolutionnaires" publiés sur des
sites étrangers et à cinq ans simplement pour s’être
connecté au Net de manière illégale. Peu d’internautes osent
défier la censure de l’Etat et prendre un tel risque.
- EGYPTE
Mis à part
quelques sites liés aux mouvements religieux des Frères
Musulmans, l’Egypte filtre peu le Réseau. Le Président Hosni
Moubarak, au pouvoir depuis 1981, fait toutefois preuve d’un
autoritarisme particulièrement inquiétant en matière
d’Internet. Trois blogueurs ont été arrêtés en juin 2006, et
emprisonnés pendant près de deux mois, pour s’être exprimés
en faveur de réformes démocratiques dans le pays. D’autres
sont victimes de harcèlement, comme la blogueuse copte Hala
Helmi Botros, forcée en août de fermer sa publication sous
la pression de la police. Enfin, une cour administrative du
Conseil d’Etat a récemment décidé que les autorités
pouvaient bloquer, suspendre ou fermer tout site Internet
susceptible de représenter une menace pour la “sécurité
nationale“. Une position inquiétante qui pourrait ouvrir la
voie à une censure abusive de la Toile.
- IRAN
La
répression à l’encontre des blogueurs semble avoir diminué
en 2005. Alors qu’une vingtaine d’entre eux avaient été
emprisonnés en 2006, seul Arash Sigarchi est encore
aujourd’hui derrière les barreaux. Le
filtrage du Réseau s’est par contre intensifié et l’Iran se
targue aujourd’hui de filtrer 10 millions de sites
"immoraux". Les sites pornographiques, politiques ou
traitant de religion sont particulièrement visés.
Mais,
depuis l’été 2006, les censeurs semblent avoir concentré
leurs efforts sur les publications traitant des droits des
femmes. Les autorités ont par ailleurs récemment décidé
d’interdire les connexions à haut débit. Une mesure qui peut
s’expliquer par un souci de ne pas surcharger le réseau
iranien, qui est de très mauvaise qualité, mais qui peut
aussi s’interpréter comme une volonté de bloquer les
produits culturels occidentaux - films et chansons -
téléchargés sur le Net.
- OUZBEKISTAN
La censure
exercée par les autorités s’est encore raidie depuis la
répression sanglante des manifestations prodémocratiques
d’Andijan, en mai 2005. Le gouvernement, dirigé d’une main
de fer par le président Islam Karimov, bloque l’accès à la
plupart des sites indépendants traitant de l’Ouzbékistan,
souvent hébergés en Russie, ainsi qu’aux sites des ONG
condamnant les atteintes aux droits de l’homme dans le pays.
- SYRIE
Avec trois
personnes actuellement emprisonnées pour avoir critiqué les
autorités sur Internet, la Syrie est la plus grande prison
du Moyen-Orient pour les cyberdissidents. Ces derniers sont
par ailleurs systématiquement torturés et détenus dans des
conditions inhumaines. Le gouvernement interdit l’accès aux
sites d’opposition en langue arabe et aux contenus relatifs
à la minorité kurde de Syrie.
- TUNISIE
La Tunisie
a eu l’honneur d’organiser, en novembre 2005, le Sommet
mondial sur la société de l’information (SMSI), grand
événement onusien pour aborder l’avenir d’Internet. La
politique du président Zine el-Abidine Ben Ali en matière de
Réseau est pourtant l’une des plus liberticides de la
planète.
L’ensemble
des cybercafés sont contrôlés par l’Etat. Ces derniers
filtrent le Net et sont étroitement surveillés par la
police. Impossible par exemple de se connecter en Tunisie au
site de Reporters sans frontières. Les services de sécurité
harcèlent en outre continuellement les blogueurs
indépendants et les responsables de sites d’opposition, afin
de s’assurer que l’autocensure règne sur le la Toile
tunisienne.
Un
cyberdissident, l’avocat Mohammed Abbou, est emprisonné
depuis mars 2005 pour un article critique envers le chef de
l’Etat diffusé sur une newsletter.
- TURKMENISTAN
Avec moins
d’un internaute pour 100 habitants, ce pays est l’un des
moins connectés à la Toile de la planète. Le président
Separmourad Niazov, véritable Kim Jong-il d’Asie centrale,
exerce sur tous les médias un contrôle absolu. Le Web
turkmène est censuré, bien sûr, mais il est surtout interdit
à l’immense majorité de la population.
- VIET-NAM
Le
gouvernement vietnamien, qui négocie l’entrée de son pays
dans l’organisation mondiale du commerce, est actuellement
dans une situation inconfortable. Il est mis sous pression
par la communauté internationale et n’est pas en mesure,
comme son voisin chinois, d’ignorer complètement les
exigences des diplomates étrangers. Il semble donc enclin à
assouplir son contrôle sur l’information et hésite en tout
cas à réprimer les opposants. Ainsi, plusieurs
cyberdissidents, notamment le plus célèbre d’entre eux, Pham
Hong Son, ont été libérés depuis 2005. Cette relative
clémence a semblé redonner du souffle au mouvement
démocratique vietnamien, qui s’est admirablement saisi du
Net pour s’organiser et faire passer dans le pays une
information indépendante. A l’été 2006, un groupe dit des
"8406" a même lancé une pétition en ligne, signée sous leur
vrai nom par des centaines d’internautes, pour demander au
gouvernement d’engager des réformes politiques. Mais la
prise en main du Réseau par ces jeunes démocrates fait peur
aux autorités. Et ces dernières ont encore souvent recours à
la force pour faire taire ces cyberdissidents. Une dizaine
de personnes ont été emprisonnées cette année pour des
propos tenus sur Internet. Quatre d’entre elles sont encore
derrière les barreaux.
LES PAYS QUI
SORTENT DE LA LISTE
- LIBYE
Suite à
une mission dans le pays, Reporters sans frontières a pu
constater que l’Internet libyen n’était plus censuré. En
outre, depuis la libération d’Abdel Razak Al Mansouri, en
mars 2006, le pays ne compte plus aucun cyberdissident
emprisonné. Le président Mouammar Kadhafi est cependant
toujours considéré par Reporters sans frontières comme un
prédateur de la liberté de la presse
- MALDIVES
Depuis les
libérations de Fathimath Nisreen, Mohamed Zaki et Ahmad
Didi, entre mai 2005 et février 2006, plus aucun
cyberdissident n’est emprisonné dans le pays. Le président
Maumoon Abdul Gayoom est toujours considéré par Reporters
sans frontières comme un prédateur de la liberté de la
presse, mais sa politique en matière d’Internet ne justifie
plus de placer son pays sur la liste des ennemis d’Internet.
- NEPAL
Depuis le
retrait du roi Gyanendra et le retour d’un gouvernement
démocratique, en mai 2006, Reporters sans frontières a pu
constater une très nette amélioration de la liberté
d’expression dans le pays. Le Net n’y est plus censuré et
aucun cas de harcèlement ou de détention arbitraire de
blogueur n’a été recensé.
Rsf.org, 07 novembre 2006
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