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Grève au Maroc d'universitaires titulaires de doctorats français

Algérie-Maroc: Différentes luttes même combat

 

Rédaction CNES-USTO.IFRANCE.COM (08 novembre 2006)- Décidément, les casse-têtes bureaucratiques ont la peau très dure, chez nous au Maghreb. Le "Quotidien d'Oran" nous apprend que "des universitaires marocains, titulaires de doctorats français, ont cessé le travail depuis une semaine alors qu’une dizaine mènent une grève de la faim pour obtenir la reconnaissance de leurs diplômes". Ces enseignants, qui représentent le sixième de l'ensemble des enseignants universitaires marocains sont victimes d'un imbroglio bureaucratique qui dure depuis plus de vingt ans. Inutile de rappeler qu'en Algérie, le traitement des dossiers des équivalences présente les mêmes symptômes.

A ce sujet, nous informe le quotidien marocain "Aujourd'hui le Maroc" du 3 novembre, ces docteurs "rejettent catégoriquement les accords conclus entre le Bureau national du SNE Sup - l'équivalent marocain du CNES algérien - et le ministère de tutelle" . Les intéressés font référence à la condition du concours pour accéder au grade de Professeur de l'Enseignement Supérieur. Bref, au Maroc aussi, ils ont des dirigeants syndicaux qui trahissent le plus normalement au monde la cause de la base...

Grève au Maroc d'universitaires titulaires de doctorats français

Des universitaires marocains, titulaires de doctorats français, ont cessé le travail depuis une semaine alors qu’une dizaine mènent une grève de la faim pour obtenir la reconnaissance de leurs diplômes, a-t-on appris mardi auprès des grévistes. « Cela fait vingt ans que nous attendons, en vain, que l'État répare une injustice », a affirme à l'AFP Mohamed Mahassine, président de l'Association marocaine des enseignants chercheurs lauréats des universités françaises. En fait 1.697 universitaires marocains, soit 16% de l'ensemble des enseignants universitaires sont victimes d'un casse-tête bureaucratique causé par la réforme en 1984 de l'enseignement supérieur français - qui a supprimé le doctorat de 3e cycle (deux ans) et d'État (six à huit ans) pour le doctorat des Universités (quatre ans) qui correspond au PHD (docteur en philosophie, 3e cycle universitaire) anglo-saxon. Jusqu'à cette date, un titulaire du doctorat de troisième cycle français pouvait accéder au Maroc au poste de « maitre assistant» et le docteur d'État à celui de « maître de conférences », puis quatre ans plus tard automatiquement à celui de « professeur d'université ».
La réforme française a pris de court l'université marocaine qui ne s'est conformée au nouveau système français qu'en 1997.

Le Quotidien d'Oran, 08 novembre 2006

Société
Les enseignants interpellent Jettou

Les enseignants titulaires du Doctorat français durcissent le ton

S’estimant lésés, les enseignants-chercheurs titulaires du Doctorat français ont entamé une grève de la faim. Ils sont déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu'à obtenir gain de cause.

Après plusieurs sit-in désespérés, les titulaires du Doctorat français durcissent le ton. Ces enseignants-chercheurs observent depuis mercredi dernier une grève de la faim illimitée en signe de protestation contre ce qu'ils qualifient de "politique des demi-mesures prônée par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique" dans le traitement de leur dossier. «Etant donné l'évolution inquiétante du dialogue à propos de la question de l'équivalence du Doctorat français, l'assemblée générale nationale des enseignants chercheurs affiliés au SNE Sup a décidé d'entamer une grève de la faim illimitée jusqu'à satisfaction de nos revendications», déclare Mohamed Mahassine, gréviste et président de l'AMECLUF (Association marocaine des enseignants-chercheurs lauréats des universités françaises).

Outre la grève de la faim, les 1 697 concernés annoncent d'autres actions de protestation ; à savoir l'arrêt total de toute activité d'enseignement et d'encadrement des Masters. Les protestataires revendiquent le "droit au grade de professeur de l'enseignement supérieur et la préservation de l’intégrité de l'ancienneté acquise depuis leur recrutement en 1975". A ce sujet, ils rejettent catégoriquement les accords conclus entre le Bureau national du SNE Sup et le ministère de tutelle (Lire également pages 20 et 21). Les intéressés font référence à la condition du concours pour accéder au PES.

«Cette condition est en contradiction avec les dispositions du statut du 17 octobre 1975 dans le cadre duquel nous nous étions recrutés», s'indignent les protestataires. En vertu de ce statut, les enseignants-chercheurs titulaires du Doctorat français sont recrutés en tant que maîtres de conférence avant de pouvoir prétendre, quatre années plus tard, au grade de professeur de l'enseignement supérieur. Pour l'AMECLUF, il s'agit d'une grave violation de la loi de la part du ministère, puisque le problème de l'équivalence doit être résolu avant le recrutement.

«Tout ce que nous attendons de M. El Malki, c’est d'honorer les engagements du gouvernement et de ne pas fuir ses responsabilités», réclame M. Mahassine.

Sur ce dossier, le ministre de l’Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique était clair mercredi dernier. La question a été soulevée, ce jour-là, à l'occasion de la conférence de presse organisée sur l'interaction université-environnement économique, M. El Malki a affirmé ne reconnaître comme interlocuteur que le SNE Sup (Syndicat national de l'enseignement supérieur) pour discuter du problème des enseignants-chercheurs lauréats des universités françaises. Un message clair et sans équivoque à l'AMECLUF qui a lancé un appel "urgent au Premier ministre pour intervenir en vue de trouver une solution à un préjudice qui n'a que trop duré". Considérés comme simples professeurs assistants bien qu'ils soient titulaires du Doctorat français, diplôme reconnu dans le monde entier, ces enseignants-chercheurs n'ont ni le droit de postuler au poste de doyen ni à d'autres responsabilités administratives au sein de l'université.

Khadija Skalli, Aujourd'hui Le Maroc, Le 03 novembre 2006


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