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L’escalade de l’horreur dans les territoires palestiniens a
atteint son paroxysme.
Pour
la seule journée d’hier, 24 Palestiniens ont été tués, dont
dix-huit par des bombardements de l’artillerie israélienne à
Beït Hanoun, provoquant la colère de la résistance
palestinienne qui appelle à la reprise des attentats suicide
contre Israël. 18 Palestiniens dont quatre femmes et quatre
enfants ont été tués et plus de 20 blessés hier par les
bombardements qui ont ciblé la ville de Beït Hanoun, dans le
nord de la bande de Gaza. Selon les agences de presse, les
tirs israéliens ont fait 18 morts, dont des femmes et des
enfants. Réagissant à ce drame, le Hamas, qui observait une
trêve depuis le début de l’année 2005, a appelé à une
reprise des attentats suicide contre Israël. «Nous implorons
nos moujahidine partout à reprendre les opérations de
martyr à Tel-Aviv, à Haïfa, Jaffa et partout ailleurs», a
déclaré un porte-parole du Hamas devant une foule de
manifestants à Beït Lahya.
Un
porte-parole du gouvernement palestinien dirigé par le Hamas
a de son côté déclaré qu’Israël «doit être effacé de la face
de la terre». «Israël est un Etat d’animaux, qui ne
reconnaît aucune valeur humaine. C’est un cancer qui doit
être éradiqué et tout le monde doit y participer pour y
parvenir», a déclaré Ghazi Hamad, porte-parole du
gouvernement palestinien. Le président palestinien Mahmoud
Abbas et le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh ont
tous deux appelé à une réunion d’urgence du Conseil de
sécurité des Nations unies. Le chef du mouvement palestinien
Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé de son côté que son
mouvement répondra «par des actes» au massacre perpétré par
Israël, lors d’une conférence de presse à Damas. «Nous
dénonçons ce massacre. Nous ne le dénonçons pas seulement
par les paroles mais par des actes. La résistance agit et ne
parle pas», a-t-il déclaré. Ce massacre ne semble pas avoir
assouvi la soif de sang d’Israël qui annonce par le biais de
son vice-ministre de la Défense, la poursuite de ses
opérations.
Le
directeur de l’hôpital de Beït Lahya avait précédemment
affirmé que des obus avaient été tirés sur plusieurs
habitations de la ville. Cinq maisons ont été détruites dans
la rue Hamad, dans la partie nord-ouest de la ville de Beït
Hanoun, qui compte 30.000 habitants. Dans cette ville
martyre qui se remet à peine de la dernière opération
militaire, le récit d’un journaliste de l’AFP braque les
projecteurs sur l’horreur du massacre qui n’a épargné ni
femmes ni enfants.
Les
cartables de Mohammed et Ahmed, 8 et 9 ans, étaient prêts
pour l’école. Mais un obus d’artillerie israélien a plongé
leur maison dans l’horreur. Les deux enfants de Beït Hanoun
sont morts. Leurs lits sont couverts de sang. Outre les deux
enfants, neuf membres de la famille Assamna ont été fauchés
par les tirs israéliens. Une façade de la maison est
éventrée. «Ils dormaient tous. Les obus sont tombés dans les
chambres. Toute ma famille est morte», hurle un oncle,
Ibrahim Assamna. Le bombardement s’est produit alors que la
population était plongée dans le sommeil. Au moins six obus
d’artillerie sont tombés sur des immeubles d’habitations.
Quatre femmes et enfants figurent parmi les victimes.
Ibrahim,
un habitant de la ville, les pieds dans des flaques d’eau et
de sang, raconte, au bas des immeubles touchés, la mort de
ses sept frères morts en martyrs. Des morceaux de chairs
sont éparpillés au sol. «Je me rendais au travail. J’étais
encore tout près de chez moi lorsque le premier obus est
tombé. Je pensais que c’était un tir comme les autres. Il y
en a eu tellement au cours des derniers jours. Mais ensuite
j’ai entendu cinq autres explosions», raconte l’homme en
tremblant. «Je suis immédiatement revenu et j’ai vu des
choses qu’on ne peut pas décrire: il y avait une mer de
sang. Ce sont des criminels ! C’est un massacre !»,
crie-t-il. «Tous mes enfants ont été blessés. Je ne sais pas
encore si certains sont morts».
Ce drame
intervient au lendemain du retrait de l’armée israélienne
qui a réoccupé la ville pendant six jours et dévasté cette
localité de plus de 30.000 habitants, où plus aucune rue
n’est recouverte de bitume après le passage des blindés.
Près de 60 Palestiniens ont été tués. «Nous sommes tous
épuisés depuis l’incursion israélienne. Quelqu’un m’a appelé
et m’a dit: «Il y a eu un grand massacre dans ta famille»,
raconte un autre membre de la famille Assamna. En larmes, il
lâche: «Nous n’avons pas pu transporter immédiatement les
morts et les blessés à l’hôpital. Nos voitures ont été
détruites dans l’opération israélienne. Les secours n’ont pu
arriver que 30 minutes après». «Ils ont commis un massacre
de plus qui a seul un but: faire fuir tous les habitants de
cette ville. Israël ne veut voir plus personne à Beït Hanoun
et les tirs de roquettes ne sont qu’une excuse», poursuit
l’homme, les habits rouges de sang. Un des sept hommes de la
famille Assamna frappée par la catastrophe n’arrive presque
pas à parler.
«Tout
s’est arrêté dans mon esprit. J’ai vu la fille d’un de mes
frères décapitée. L’un deux n’avait plus de main». «Pourquoi
?», crie soudain sur le pas de sa porte, une voisine, au
milieu de la cohue provoquée par les dizaines de personnes
agglutinées dans la rue Hamad dans le va-et-vient des
ambulances. «J’ai 60 ans et je n’ai rien vu de pareil de
toute ma vie», se lamente-t-elle. Pour un autre habitant de
la ville martyre, les gens de Beït Hanoun n’abandonneront
jamais la résistance à l’occupation. «Nous continuerons à
soutenir les combattants pour mettre fin à l’occupation»,
assure-t-il. Face à l’horreur du massacre, le rapporteur
spécial de l’ONU pour les droits de l’homme dans les
territoires palestiniens John Dugard a dénoncé hier la
passivité du Conseil de sécurité des Nations unies, des
Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Russie pour
stopper les attaques israéliennes à Gaza.
Djamel B. et
Agences,
Le Quotidien d'Oran, 09 novembre 2006
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