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La grève des stations d’essence maintenue

La Fédération nationale des exploitants libres des stations-service (FNELSS) maintient son préavis de grève.

 

Le PDG de Sonatrach.
 

Le quotidien d'Oran (1er février 2007) - Les assurances données lors d’une conférence de presse par le PDG de Naftal n’ont pas convaincu les gérants libres des stations d’essence de changer d’avis par rapport à la grève qu’ils veulent entamer à partir du 7 février prochain.

Insatisfait des propositions de Naftal faites lors de la réunion du 28 janvier dernier, le président de la fédération des gérants libres, Mustapha Boudjemlal, a estimé que sa fédération « doit maintenir la pression jusqu’à l’expiration du préavis de grève », espérant ainsi que Naftal modifie sa position et remette sur la table des négociations le dossier de la concession que revendiquent les gérants libres.

Présents hier à la conférence de presse tenue au siège du ministère de l’Energie et des Mines, les représentants de la fédération des gérants libres disent attendre jusqu’à l’ultime moment pour décider d’une autre issue que d’observer un débrayage.

Le président de la FNELSS, invité à cette conférence, a indiqué que les membres de la fédération maintiendront tout de même l’option de la grève. « Peut-être qu’il y aura quelque chose d’ici là ou peut-être que Naftal changera de position », dira-t-il aux journalistes.

Le DG de Naftal, Saïd Akretche, optimiste sur l’issue de la situation, indique que Naftal a procédé à l’élaboration d’un protocole qui définit et précise le cadre de la concertation pour le traitement des problèmes relatifs aux relations commerciales, de même que l’entreprise a procédé au réexamen des clauses du contrat liant les deux parties et enfin il a été convenu de maintenir un contact permanent tant au niveau régional que national. Le PDG de Naftal a, en outre, rassuré sur les amendements qui ont porté sur la durée du contrat qui, faut-il le rappeler, était de trois ans et qui devient, désormais, indéterminée.

L’autre point important consiste en la priorité qui sera accordée, en cas de décès du gérant, à l’un de ses ayants droit désigné par un acte notarié. Quant à la résiliation du contrat, il est indiqué que certaines dispositions ont été aménagées ou carrément supprimées. L’objectif de Naftal « obéit à l’objectif de l’amélioration des relations commerciales entre les deux partenaires et surtout d’instaurer un climat de confiance avec les gérants de stations-service », dira son PDG. M. Akretche a tenu à préciser lors de cette conférence de presse que si l’entreprise peut faire des concessions sur la durée du contrat et sur la question de la succession et sur quelques questions subsidiaires, elle ne peut, par contre, faire autant pour ce qui concerne les revendications formulées par les gérants libres relatives à la concession. Le PDG de Naftal précise que la propriété Sonatrach et de sa filiale Naftal sur les stations-service ne souffre d’aucun amalgame ni ambiguïté et Sonatrach a acquis ces biens soit par rachat direct, soit dans le cadre des nationalisations de 1967 et 1968. Donc les biens en question appartenant à Sonatrach ne peuvent faire l’objet de concession, affirme S. Akretche. En dépit des « assurances » de ce dernier, les gérants libres continuent de douter des intentions de Naftal. Il font remarquer que Naftal est toujours prioritaire dans la reprise des stations-service en cas de décès du gérant, autrement dit les stations ne sont concédées que dans le cas où Naftal ne désire pas les reprendre. Quant à l’amendement relatif à la durée du contrat, la FNELSS considère qu’un contrat indéterminé ne peut être dénoncé.

Enfin, la fédération trouve aberrant qu’on parle de 150 gérants libres qui ont déjà signé un contrat de 3 ans avec Sonatrach et 150 autres ont signé avec Naftal et qu’il n’existe que 24 qui ne l’ont pas fait.

La fédération fait savoir que seulement une quarantaine ont effectivement signé « sous pression » pour ne pas perdre leurs droits à la suite du décès de leurs parents gérants. Le président de la fédération des gérants libres prévoit une conférence de presse pour le 3 février prochain où il sera question de donner sa réponse et de la durée de la grève.

Le ministre du Commerce a évoqué récemment qu’une commission composée des départements des finances, du commerce et de l’énergie a constitué un dossier sur la question de la concession et qui est au niveau du Premier ministère. La fédération de gérants libres souhaite, enfin, que l’arbitrage du président de la République vienne désamorcer un dossier qui a trop duré.

A signaler, par ailleurs, que le PDG de Naftal a annoncé hier que son entreprise s’apprêtait à lancer un programme de modernisation du réseau des stations-service pour un coût de 18 milliards de dinars, dont 3,8 milliards de dinars seront consacrés aux gérants libres qui dirigent 355 stations (avec une part de marché de 11%) sur les quelque 2.000 stations que détient Naftal.

Salah-Eddine K., Le Quotidien d'Oran, 01 février 2007

Conflit avec les exploitants des stations-service
La réponse de Naftal

Liberté (1 Février 2007)- Selon son P-DG, l’entreprise a pris en considération les revendications des gérants libres.

Le conflit, qui oppose la direction de Naftal aux exploitants des stations-service, n’est apparemment pas près de connaître son épilogue.

Si la réunion, qui a regroupé dimanche dernier les deux protagonistes, a enregistré, selon eux, une sérieuse avancée, il n’en demeure pas moins que des zones d’ombre persistent encore. Cette rencontre a été sanctionnée par la signature par les deux parties d’un procès-verbal. Celui-ci prévoit essentiellement l’élaboration d’un protocole qui définit et précise le cadre de la concertation pour le traitement des problèmes liés aux relations commerciales et le réexamen des clauses du contrat les liant qui, faut-il le rappeler, est l’objet du désaccord pour lequel le consensus n’est pas encore dégagé. “Naftal a pris en considération les nombreuses et successives revendications formulées par les gérant libres des stations en introduisant des amendements notables aux dispositions jugées contraignantes”, lancera d’emblée le P-DG de Naftal, M. Saïd Akretche, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier au siège du ministère de l’Énergie et des Mines. Le choix du lieu est symbolique à plus d’un titre. Il rappelle, en effet, l’appartenance, en tant que filiale à 100% de Naftal à Sonatrach et leur propriété sur les stations-service. “La propriété de Sonatrach et de sa filiale Naftal sur ces stations-service ne souffre d’aucune ambiguïté ni d’amalgame du fait que les biens des ex-sociétés pétrolières étrangères nationalisées ont été acquis par Sonatrach soit par rachat direct (cas de BP soit dans le cadre des nationalisations de 1967 et 1968 par remboursement du Trésor public”, précisera le P-DG.

“Les stations, propriété de Sonatrach”

Cette propriété légale et incontestable sur ces stations, poursuivra-t-il, est consacrée par un arsenal juridique. Ainsi, ces biens intégrés dans le patrimoine du groupe Sonatrach, soulignera M. Akretche, ne peuvent faire l’objet de concession revendiquée par les gérants libres des stations. Ceci “relève du domaine exclusif de l’État sur les seuls biens du domaine public”, indiquera-t-il, qui tient à rassurer : “Dans ces conditions, il ne saurait bien entendu, être question de tentative de récupération par Naftal des stations-service en gestion libre (GL).” Le seul point de discorde, qui caractérise les relations actuelles entre les la direction et les GL, demeure de ce fait la concession des stations.

Optimiste, le P-DG de Naftal a souligné que des amendements ont été apportés au contrat qui lie les deux partenaires. Pour rappel, ces modifications ont été entre autres les revendications des exploitants privés. Il s’agit de la durée du contrat. Celle-ci était fixée à 3 années conformément au contrat, mais elle est désormais consentie pour toute une durée indéterminée.

La vente des accessoires automobiles est incluse dans le fonds de commerce et ne nécessite plus l’autorisation préalable de Naftal. “À l’exception des carburants, le locataire gérant bénéficiera des paiements à terme pour les lubrifiants, les pneumatiques et autres produits à hauteur de 1 million de DA”, annoncera M. Akretche. Plus de 50% des gérants libres ont bénéficié de cette mesure. Le premier responsable de Naftal expliquera aussi qu’en cas de décès du gérant, l’autre point sur lequel les GL sont intransigeants, la location, gérance du fonds de commerce de la station-service sera accordée en priorité à l’un des ayants droit désigné par un acte notarié. À ce propos, plus de 157 GL ont subi ce type de transfert. Les dispositions relatives à la résiliation du contrat ont été, selon le P-DG, aménagées et certains motifs ont été carrément supprimés. C’est le cas de l’incapacité physique du locataire-gérant se traduisant par son absence pendant deux mois et de l’émission de chèque sans provisions. La DG a indiqué que 157 GL sur les 355 soit 45% ont signé ce contrat et que 140 autres sont détenteurs d’une copie. “Il ne reste, cependant, que 24 GL qui ne veulent pas signé ce document”, révélera le directeur de la branche de la commercialisation, M. Mezidi.

Pour le président de la Fédération des exploitants libres des stations-service, rien n’a été décidé pour le moment. Il avouera que la réunion de dimanche dernier était une simple discussion à travers laquelle il a reconnu une volonté sincère de la part de la direction générale de Naftal de régler le problème. Tout en niant les chiffres des signataires de contrat avancé par l’administration, le président a affirmé que la décision concernant la grève sera prise lors de la réunion qui coïncide avec l’expiration du préavis le 3 février. Si d’ici à cette date leurs revendications sont satisfaites, les syndicalistes annuleront leur mouvement sinon, la grève sera maintenue.

Il a déclaré qu’une réunion interministérielle sous l’égide du Premier ministère, regroupant les ministères du Commerce, de l’Énergie et des Finances, des Participations et des PME PMI a eu lieu et qu’une plate-forme de propositions de solutions à ce conflit sera proposée au président de la République qui, selon lui, tranchera définitivement. “Ce que décideront le président de la République et le Chef du gouvernement à ce propos, nous l’accepterons”, conclura le président de la fédération.

Badreddine Khris, Liberté, 01 février 2007


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